La G funk prend racine dans les ghettos de Los Angeles. Dans ces quartiers noirs, les gangs des Bloods et des Crips se font la guerre depuis plus de trente ans. Les codes et la gestuelle qu'ils inventent constituent le ciment de la G funk. En 88, Niggers With Attitude suivit par Above The Law écrivent la bande son des guerriers des rues. La G funk est née, avec un g pour gang. Très codifiée, elle repose sur un son lourd et épais, un beat down tempo et des lyrics souvent moulinés au voicecoder.
Cinq ans plus tard, Snoop Dog, en VRP de luxe, fait rayonner la G funk dans le monde à travers son hip hop et son film gangsta « The East Sidaz ». Plus coulante dans sa forme que le gansta rap, la G funk a son ambassadeur. Avec son beat ralenti, la G funk colle à la culture low riding et reprend à son compte toute l'imagerie gang : cruising, gestuel, code vestimentaire et tatouage.
Un mode de vie qui a traversé l'Atlantique pour atterrir à Pierrefite. Les 4.21 sont des fervents adeptes. Kicket est à la tête de la première et unique émission de web radio consacrée en France à la culture G funk. La cave du pavillon de banlieue parisienne de ses parents a vu défiler tout le gratin de la scène g hexagonale. Pour signaler les homicides, la police de Los Angeles utilise le code 187, c'est aussi le nom du programme de Kicket. 187 Show.
Kicket : "Y a une certaine glamorisation du west coast parce que c'est exotique, c'est les palmiers, c'est Los Angeles, c'est les grosses voitures, c'est les gangs etc. Pour nous c'est loin tout ça donc on fantasme tous plus ou moins par rapport à ça, l'important c'est d'avoir un recul suffisant pour savoir que nous on est ici, eux ils sont là-bas. Cette musique là on la kiffe donc on l'incorpore à notre sauce et on en fait ce qu'on peut appeler le west coast français."
Dans les rares clips de la G funk française, on en fait des tonnes. Le trio de Nice Coast fondé en 2001 respecte la sainte trinité : bitch, beach, bandit. Un tiercé qui n'emballe ni les maisons de disques ni les medias. A Joinville, surnommé Splifton, la ville du joint, Aélpéacha est le producteur incontournable de la west coast parisienne. Il a aussi trois albums à son actif en tant que rappers aux lyrics ...corsés...
L'influence du funk se fait ressentir dans le son mais imprègne aussi les lyrics de la G funk. Plutôt que de décrire le quotidien du block comme le pratiquent les hip hopers new yorkais, les rappers de L.A. jouent la flambe. Face à l'hégémonie du rap social en France, les Bass Click de Nanterre ont choisi de s'éloigner du réél. Le duo a même fait le pèlerinage à Los Angeles.